La ferme berrichonne et le plasticien

Si l’histoire a commencé en 1768, lorsque François Gilbert a laissé son métier de tavernier pour reprendre les vignes de son beau-père, ce n’est qu’au commencement du XXe siècle que le domaine dans sa configuration actuelle est pensé et construit par Philippe Gilbert, aïeul de l’actuel propriétaire.

Le plan retenu est simple et encore pertinent : une vaste cour rectangulaire avec la maison d’habitation au fond et deux longs bâtiments qui l’encadrent de part et d’autre.
A droite, les chais et la réception de la vendange, reliés en souterrain aux caves voûtées sous la maison. A gauche, l’espace de préparation des commandes, de stockage et d’accueil des visiteurs.

Ces bâtiments, de style classique berrichon, sont marqués par une ambition austère.

Au fil des générations, cet espace avait perdu de sa cohérence, notamment par l’ajout de bâtiments ou d’éléments de décors anachroniques et disparates.
Avec la complicité du plasticien Mario d’Souza, nous nous sommes efforcés de retrouver une harmonie à ce vaste ensemble. Le traitement retenu a consisté à donner une homogénéité au bâti « 1900 », avec un enduit de toutes les façades à la chaux hydraulique et le choix de peindre toutes les boiseries de la même teinte gris poussière.

Il s’agissait ensuite de valoriser les espaces ou constructions plus récentes, forcément nécessaires, mais manifestement maladroits dans l’harmonie d’origine.
Mario a proposé d’équilibrer les volumes « historiques » par un jeu ludique qui fait écho à l’activité du domaine : assumer la couleur, les dérivés de l’ocre, pour peindre les bâtiments construits dans les années 1970, et jouer avec l’inox pour la réalisation de la « signalétique » du domaine, la pancarte principale et l’installation des grappes et feuilles de vigne suspendue sur la façade aveugle de l’entrepôt.

Ce parti pris esthétique rend hommage aux volumes et aux matériaux d’origine, tout en inscrivant notre activité dans un cadre contemporain.

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